La FAO (l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture) a retenu le 1er juin comme journée mondiale du Lait depuis 2001 pour valoriser le secteur de « l’or blanc ». A cette occasion nous faisons un zoom sur Boubou Lait une entreprise malienne pilotée par un jeune au parcours inspirant.

Au Mali, Boubou Sangho s’est lancé dans la transformation du lait local depuis 2017. Malgré les difficultés quotidiennes qui minent son parcours de jeune entrepreneur, l’enfant de Djenné s’est taillé une place de choix dans l’écosystème entrepreneurial avec son entreprise Boubou Lait.

Après l’obtention de sa maitrise en droit des Affaires à l’Université de Bamako, Boubou Sangho s’est vite plié à sa passion :  l’entreprenariat agricole pour répondre aux besoins urgentes de la société malienne et du marché de l’emploi. Pour lui : « créer une entreprise c’est non seulement créer des emplois mais booster l’économie locale », croit-il fermement. C’est cette idéologie sacrosainte qui a poussé le jeune homme de 27 ans à fonder sa boite Boubou Lait.

Natif de Djenné, Boubou Sangho a connu le lait depuis son enfance où il poursuivait les animaux au pâturage. De cette expérience, il a tiré son idée originale de Boubou Lait pour arrêter le gaspillage du lait qu’il a constaté dans son Djenné natal.

Boubou Lait, un frein au gaspillage

« Les éleveurs produisent par jour plus de 35 600 litres de lait. Sur cette importante quantité plus de 10 000 litres se gâtent faute de moyen de conservation de qualité et d’écoulement sur le marché », regrette l’entrepreneur. De son côté les autorités maliennes affirment que les éleveurs maliens produiraient 8 000 tonnes de lait chaque année. Cela représente une manne financière non négligeable, environ 20% de la richesse nationale.   Mais, comme un paradoxe, le Mali importe pourtant cinq fois plus de lait qu’il n’en produit. Ce qui constitue un manque à gagner aussi pour l’économie local que Boubou Sangho tente de solutionner.

Installé au quartier Sebenicoro de Bamako, Boubou Lait force le respect et l’admiration grâce à son travail acharné et la qualité de ces produits comme l’ont témoigné plusieurs de ses clients. L’entreprise propose aux consommateurs du lait frais pasteurisé, du lait caillé, du yaourt, du beurre, du ghee et bientôt du fromage et d’autres produits laitiers locaux.

« Nous travaillons avec une coopérative d’éleveurs à une vingtaine de kilomètres de Bamako et des particuliers qui nous fournissent la matière première avant de la transformer dans notre villa de 129 mètres carrés où sont installés nos équipements qui nous permettent de transformer 350 litres par jour », nous décrit-il.

Issu d’une famille de paysans, Boubou Sangho a décidé d’élargir la vision du business communautaire après une « prestigieuse » formation aux Etats-Unis d’Amérique. « J’ai fait partie d’une délégation de sept maliens qui ont pu suivre un master accéléré à l’université de l’Iowa City dans un Etat agricole   afin d’améliorer mes connaissances dans le domaine du business agricole. Le programme a été couronné par un stage professionnel à Penn State Collège, un autre Etat spécialisé aussi dans l’agriculture », explique-t-il.  

Un parcours parsemé de reconnaissances

Le CEO de Boubou Lait a gagné la confiance des Nations-Unies, de la Banque Mondiale et des grandes marques africaines qui parlent régulièrement de son impact sur l’économie malienne. Il est ambassadeur du programme d’entreprenariat Néerlandais TNE (The Next Economy) et alumni de Tony Elumelu Fondation TEF 2019. Boubou Lait a été élu meilleure startup d’Afrique catégorie Agriculture lors du African Startup Forum en novembre 2017 à Abidjan (Côte d’ivoire).

Au regard de ce brillant parcours ses collaborateurs le décrivent comme un jeune passionné de son travail qui ne recule pas devant les obstacles. Un autre activiste malien aussi le qualifie « d’entrepreneur influenceur » faisant référence à sa présence sur les réseaux sociaux.

Boubou Lait fait face aujourd’hui à la concurrence des grandes marques de production laitière dans son pays mais reste optimiste sur le potentiel du secteur laitier malien et de son impact sur la vie de la communauté et de l’économie locale.

Mohamed Salaha

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